Malgré leur popularité, les réseaux sociaux sont encore, en 2012, un terrain inconnu pour de nombreux dirigeants d’entreprise et de l’état. Il n’est donc pas surprenant, ce matin, de voir dans Le Devoir un article intitulé «l’état et les entreprises sont victimes des réseaux sociaux». Dans cet article, Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du Patronat, effectue un lien entre la difficulté des entreprises et de l’état à passer leur message et l’avènement des réseaux sociaux et nouveaux médias.
« Je m’attendais à ce que ce soit difficile de faire passer notre message dans la population, mais c’est devenu pire avec le temps » «L’arrivée d’Internet a amené l’explosion de médias sociaux où l’information se fait plus personnalisée, mais aussi beaucoup moins objective, rigoureuse et fiable» Yves-Thomas Dorval.
Cette déclaration est une démonstration du manque de compréhension que les entreprises et, surtout, les hauts dirigeants ont des réseaux sociaux. Ces espaces, tel que leur nom l’indique, sont des endroits de partage d’information, de diffusion de celle-ci et de discussion entre les intervenants de tous les milieux et de tous les âges. Les réseaux sociaux sont le parvis de l’église des temps modernes. L’endroit où se croisent rumeurs, information, discussion et débat. La différence est qu’au lieu de se retrouver seulement le dimanche, les internautes se réunissent aujourd’hui à toutes heures du jour ou de la nuit en ayant accès à un flux permanent d’information. Dans ce contexte, l’information est aujourd’hui une denrée commerciale à consommation rapide. Celle-ci est traitée et diffusée selon des règles d’éthique toujours aussi strictes mais avec une population gourmande de transparence, de variété et de débat. Il est vrai que les sources d’information n’ont pas toujours la même fiabilité mais il faut faire confiance aux citoyens qui savent et veulent faire leur propre sélection.
Le rôle des entreprises et des élus est donc de s’adapter. Cette adaptation qui a déjà eu lieu à d’autres époques, comme lors de l’apparition de la télévision ou de la radio, passe par la mise en place de nouvelles structures de communication plus flexibles, plus rapides et plus transparentes. Celles-ci permettront à l’état ou l’entreprise d’intervenir dans les réseaux sociaux en respectant les règles de ceux-ci, de structurer son message d’une façon claire et accessible, de répondre aux besoins de la clientèle efficacement et de surveiller ce qui se dit et discute à votre sujet sur le web.
Un réseau social est un canal de communication. Il n’a pas d’âme propre ou d’opinion. Il est défini par les intervenants qui s’y trouvent. C’est une responsabilité de l’entreprise de s’y présenter avec les bons outils, la bonne attitude et la bonne stratégie. Tous les médias ont leurs défauts mais l’essence même de la communication est de savoir s’y ajuster et de transformer, ce que Mr Dorval décrit comme une difficulté, en opportunité. Encore faut-il vouloir le faire….