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Crédibilité des chefs : Aussant toujours le meneur, Marois s’accroche.

13-08-2012   //   par Steve Flanagan   //   Analyses, opinions, Communications, Comportements, Gouvernements, Médias, Outils, Politique, PR, Société, Tendances  //  Pas de commentaire

Deuxième bulletin de campagne électorale pour les chefs des principaux partis politiques dans leur rôle de porte-parole, selon l’évaluation des facteurs de crédibilité. Jean-Martin Aussant garde la pôle et Pauline Marois s’accroche. Malgré une bonne performance cette semaine, le chef de la Coalition avenir Québec, demeure encore, depuis le début de la campagne, le porte-parole le moins crédible.

Les résultats pour la période du 3 au 9 août 2012 :

  1. Jean-Martin Aussant (Option nationale)               6,62
  2. Françoise David (Québec solidaire)                        6,52
  3. Pauline Marois (Parti Québecois)                             6,48
  4. François Legault (Coalition avenir Québec)        6,37
  5. Amir Khadir (Québec solidaire)                                6,29
  6. Jean Charest (Parti Libéral)                                        6,28

Les résultats depuis le début de la campagne :

  1. Jean-Martin Aussant (Option nationale)                6,88
  2. Pauline Marois (Parti Québécois)                              6,74
  3. Jean Charest (Parti Libéral)                                         6,63
  4. Françoise David (Québec solidaire)                         6,59
  5. Amir Khadir (Québec solidaire)                                 6,50
  6. François Legault (Coalition avenir Québec)         6,49

 

Jean-Martin Aussant ne sera pas Premier-ministre du Québec et risque de subir la défaite dans sa circonscription de Nicolet-Bécancour; mais il demeure le chef de parti le plus crédible dans son rôle de porte-parole, depuis le début de la campagne électorale. Malheureusement pour lui, s’il demeure le chef le plus charismatique, selon notre grille d’analyse, le peu d’attention médiatique dont il est l’objet rend sa performance à titre de porte-parole sans grande influence. Car pour être crédible il faut être cru. Et en campagne électorale il faut être cru par le plus grand nombre possible d’électeurs. Néanmoins, le chef d’Option nationale demeure un porte-parole dont le discours incarne le changement et demeure cohérent dans ses prises de position.

François Legault a connu une bonne semaine à titre de porte-parole de son parti. Il faut admettre qu’il a réussi, par le recrutement du Dr Gaétan Barrette et de Jacques Duchesneau, à obtenir une importante visibilité médiatique. Les thèmes de la corruption et la réduction du fardeau fiscal pour la classe moyenne ont trouvé écho dans la presse, de même que les déclarations/tractations du candidat Duchesneau, pour doper la présence du chef de la Coalition avenir Québec dans l’agenda médiatique. Les membres du comité d’évaluation ont globalement attribué à François Legault le meilleur pointage discrétionnaire de notre grille d’analyse. Ceci dit, François Legault multiplie les malaises auprès des observateurs qui scrutent sa performance à titre de porte-parole de son parti. Il a peu de charisme et ses interventions dans les médias demeurent pénibles. Il est mal à l’aise et on se demande encore pourquoi il s’est vanté, en début de semaine, d’avoir maté dans le passé les pilotes d’Air Transat en les qualifiant de « gros égo »! Malgré tout, sur le facteur de l’expertise François Legault s’est démarqué de tous les autres candidats. François Legault devra aussi se méfier des nombreuses contradictions qui marquent son discours électoral. On peut affirmer que sur le point de vue de la crédibilité dans son rôle de porte-parole, le chef de la CAQ a surmonté son mauvais départ de campagne, mais traîne tout de même au dernier rang.

Pauline Marois est une porte-parole efficace qui tente depuis le début de la campagne de se montrer près des valeurs de la population et venant à la rencontre des gens. Elle est en contrôle d’elle-même, projette une belle assurance et chauffe François Legault cette semaine sur le facteur de l’expertise, qu’elle dominait la semaine dernière avec Jean Charest. Toutefois, ses prises de position sont ambigües. Elles manquent de clarté et de précision. Son entrevue avec Céline Galipeau, à la télévision de Radio-Canada, manquait de « punch » et de conviction. De façon générale, les membres du comité d’évaluation estiment que le contenu de ses messages est flou.

Françoise David termine au deuxième rang cette semaine au classement des porte-parole les plus crédibles de la campagne électorale. Elle domine d’ailleurs trois des dix facteurs de crédibilité d’un bon porte-parole : l’ouverture d’esprit, l’authenticité pour une deuxième semaine, et l’honnêteté pour une deuxième semaine également. Toujours aussi claire et transparente dans ses propos, la co-porte-parole de Québec solidaire n’est jamais complètement à l’aise dans les médias. Le contraste est frappant lorsqu’elle se retrouve avec Amir Khadir. Mais tout comme Jean-Martin Aussant, elle ne bénéficie pas d’une grande couverture médiatique.

Amir Khadir est toujours aussi sûr de lui mais, comme sa co-porte-parole de Québec solidaire, souffre du peu d’attention médiatique qu’on lui accorde. Il doit certainement remercier Gilles Duceppe pour lui avoir apporté un peu de lumière pour démontrer du respect et une ouverture d’esprit. Toujours aussi vif, Amir Khadir demeure calme depuis le début de la campagne électorale et a évité jusqu’ici, à titre de porte-parole, de faire un coup d’éclat. Il demeure un porte-parole authentique.

Jean Charest domine notre classement cette semaine sur les facteurs de l’aisance et de la clarté de son message. Pour le reste, le doute sur sa crédibilité à titre de porte-parole du Parti Libéral s’est installé. Les reportages et les allégations touchant son intégrité et toute l’attention médiatique autour du thème de la corruption et d’un arrêt de filature sont venus miner la crédibilité du chef Libéral. Subitement on se met à douter de sa transparence et ses messages manquent parfois d’exactitude. Il s’est néanmoins démarqué par son calme après la diffusion d’un reportage à l’émission Enquête mise à part une gauche-droite envers les journalistes de Radio-Canada. Ce n’était pas nécessairement une bonne idée. Enfin, si nous lui accordons beaucoup d’assurance, la perception négative qui l’entoure génère une perception d’arrogance. Quant on doute de l’authenticité, de la véracité et de l’honnêteté d’un porte-parole alors qu’il est efficace et confiant, on ne peut que lui attribuer de l’arrogance dans son style.

Méthodologie

Pour évaluer les porte-parole un comité réunissant 23 personnes œuvrant dans les secteurs des communications et des relations publiques a été créé. Toutes ces personnes utilisent une grille d’analyse, développée en 2004 par notre collègue Stéphane Prud’Homme, mesurant les dix principaux facteurs de crédibilité des porte-parole. Les facteurs de crédibilité mesurés sont les suivants : Assurance et aisance, ouverture d’esprit, contrôle de soi, authenticité, expertise, véracité et cohérence du propos, charisme et proximité, clarté du message, honnêteté et intégrité, et finalement, le contenu du message et la qualité des arguments.

Nous accordons jusqu’à un total de dix points chacun par facteur de crédibilité. Nous nous accordons le privilège d’inscrire une note supplémentaire sur 10 pour notre appréciation personnelle de chacun des porte-parole. Pour déterminer la valeur de la performance de la semaine, nous additionnons l’ensemble des points pour les diviser, par la suite, par 11 (facteurs de crédibilité + évaluation personnelle).

Les membres du comité sont Steve Flanagan, Victor Henriquez, Alexandra Graveline, Valérie Verville, Anne-Marie Braconnier, Judith Goudreau, Erika Vaugeois, Jean Gosselin, Hélène Aubin, Catherine Orer, Sylvain Dubé, Stéphane Prud’Homme, Alain Contant, Yves Fréchette, Jean-Francois Dubé, Dennis Trudeau, Nathalie Boileau, Alexandre Patterson, Dany St-Jean, Caroline Pelletier, Katherine Boushel, Marie-Andrée Viens et Alexandrine Foulon.


État de l’information au Québec

1-02-2011   //   par Gilles Dauphin   //   Communications, Études et statistiques, Médias, Société  //  Pas de commentaire

Une lecture indispensable : le rapport du Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, L’information au Québec : un intérêt public. La lecture du chapitre sur l’État des lieux s’impose vraiment et particulièrement, la présentation de la situation ailleurs dans le monde à propos des aides publiques à la production et à la diffusion, le nouveau contexte technologique et le statut des journalistes.


ID de connexion : très ou trop révélateur

7-01-2011   //   par Gilles Dauphin   //   Études et statistiques, Médias sociaux, Société, Tendances  //  Pas de commentaire

J’ai déjà écrit à propos du fait que de plus en plus de sites permettent d’ouvrir une session en utilisant ses ID de Facebook ou de Twitter, Identifiant: Facebook en général, Twitter pour les infos. Dans le billet The Future of Social Shopping, eMarketer revient sur la tendance mais surtout, il nous présente un tableau des informations que les différents réseaux sociaux rendent disponibles : très ou trop révélateur.


La télémédecine : une solution à nos problèmes ?

1-06-2010   //   par Gilles Dauphin   //   Référentiel, Santé, Société  //  Pas de commentaire

Les régions manquent de professionnels en santé alors que Montréal en regorge. La télémédecine serait-elle une partie de la solution ?
The Doctor Will See You Now. Please Log On.


Internet : bon ou mauvais

6-03-2010   //   par Gilles Dauphin   //   Comportements, Le ouèbe, Référentiel, Société  //  Pas de commentaire

Dans le coin droit, des chercheurs qui ont ré-analysé une étude réalisée en 2004 auprès de 3 000 ados de 14 – 15 ans. Leur conclusion :

Les ados qui avaient de moins bonnes relations avec leurs parents, passaient plus de temps devant un écran d’ordinateur ou de télé.

Dans le coin gauche, le Pew Internet Project et son étude Social Isolation and New Technology qui conclut que :

Le nombre d’américains qui vivent aujourd’hui isolés des autres n’est pas différent, tout au plus légérement supérieur à ce qu’il était il y a trente ans.


34 gigs d’infos par jour

13-12-2009   //   par Gilles Dauphin   //   Communications, Comportements, Médias, Société  //  Pas de commentaire

C’est ce que consommerait l’américain moyen selon un rapport de l’université de Californie.

Most of this time is spent in front of screens watching TV-related content, averaging nearly five hours of daily consumption. Second is radio, which the average American listens to for about 2.2 hours a day. The computer comes in third, at just under two hours a day. Video games take up about an hour, and reading takes up 36 minutes. Most of these experiences happen simultaneously, like talking on the phone while checking e-mail, or instant messaging while watching TV.


La communication verte : au-delà des mots

1-05-2007   //   par Gilles Dauphin   //   Communications, Société  //  Pas de commentaire

Se présenter comme une entreprise verte est bon pour les affaires. … À une époque où les Canadiens placent constamment les mesures de protection de l’environnement aux premiers rangs de leurs priorités, ce ne sont plus seulement les politiciens qui doivent tenir compte de l’environnement -les entreprises sont de plus en plus nombreuses à inscrire des initiatives vertes dans leurs stratégies de développement, se livrant parfois à un battage publicitaire destiné à mettre en valeur des réalisations somme toute mineures.

«Certaines entreprises font des choses formidables», commente Stephen Hazell, du Sierra Club. Mais pour la plupart d’entre elles, ce ne sont que de belles paroles, ajoute-t-il.

Il ne suffit pas de “dire”, il faut d’abord “faire”. Les discours PR qui ne s’appuient pas sur des actions risquent de faire plus de mal que de bien aux entreprises qui croient qu’avoir une image est suffisant.


Plus ça change …

26-04-2007   //   par Gilles Dauphin   //   Analyses, opinions, Communications, Comportements, Société  //  Pas de commentaire

En 1995, le débat se faisait autour du “push” et du “pull”. Aujourd’hui, on parle d’actif versus passif (ou comme je préfère, participatif). Plus ça change … plus c’est pareil : Internet demeure un réseau de personnes qui veulent et se donnent les moyens de créer, d’échanger, de participer, d’influencer.


Exploit technologique ou intrusion potentielle ?

4-03-2007   //   par Gilles Dauphin   //   Référencement, Société  //  Pas de commentaire

Pour démontrer la supériorité de sa technologie, Google a pris des photos en haute résolution de Sydney en janvier dernier. Les résultats sont renversants au point où la journaliste d’Écrans termine ainsi son texte :

Une chose est sûre, si ce procédé se généralise, on pourra très vite se demander où commence l’exploit technique et où s’arrête la vie privée.

(Merci à Julien pour l’info).

MAJ du 15 mars 2007

Google veut supprimer de sa base de données les informations collectées par les «cookies», ces programmes informatiques installés sur certaines pages Web et destinés à traquer les visites des internautes sur le net pour mieux cibler leur profil de consommateur.

Le groupe va également effacer certains éléments de l’adresse IP des internautes, coordonnées permettant d’identifier l’ordinateur de l’usager.

Les données collectées sur les recherches des internautes seront rendues anonymes au bout de 18 mois de présence dans la base de données de Google.


Le DGE précise les règles pour Internet

2-03-2007   //   par Gilles Dauphin   //   Le ouèbe, Politique, Société  //  Pas de commentaire

… la loi prévoit que certaines dépenses ne sont pas des dépenses électorales, par exemple, celles qui sont engagées pour la tenue de réunions (du genre « assemblées de cuisine »). Par analogie, étant entendu que chaque situation doit être évaluée en particulier, on peut considérer qu’un blogue pourrait être assimilé à une sorte de « réunion virtuelle » entre un certain nombre d’internautes. Dès lors, le blogue ne serait pas considéré comme une dépense électorale.

Par contre, un message diffusé sur Internet qui impliquerait de la conception, de la production et qui se rapprocherait d’une publicité, pourrait être considéré comme une dépense électorale, s’il favorise ou défavorise directement ou indirectement un candidat ou un parti durant la période électorale. Cela pourrait être le cas de documents vidéo qui seraient diffusés, par exemple, sur un portail comme You Tube. Chaque cas est particulier et doit être évalué à la pièce, étant entendu qu’il n’y a pas de dépense électorale si la création du message n’entraîne aucun coût ou un coût minimal.

Bravo pour la décision concernant les blogues et j’espère que, dans le cas des vidéos, on retiendra le critère des coûts minimes et non le fait qu’il s’agirait d’une publicité. Il me semble qu’il reste cependant encore un peu de ménage à faire. Ainsi, dans le même communiqué, le DGE déclare :

En vertu de la Loi électorale, un électeur ou un groupe d’électeurs ne possédant pas la personnalité morale peut faire ou engager des dépenses de publicité d’au plus 300 $ dans une circonscription.

Mais avec 300 $, je peux rejoindre la planète Internet ! À suivre donc…


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